Patrimoine

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Une église romane, sobre et pittoresque

L'église de Suzette, avec son clocher-peigne, tourne le dos au Ventoux. Il s'agit de l'une des églises romanes les plus pittoresques du Comtat. Sa période de construction est datée de la fin du XI et début du XII siècle. Eglise paroissiale du village, elle n'est sans doute pas une création des Templiers comme on l'a longtemps prétendu.

Elle est actuellement dédiée à Notre-Dame. Dans les archives révolutionnaires, on trouve le vocable de Sint Jacques et Saint Philippe, apôtres et compagnons du Christ.

Le plan de l'église est en forme de croix latine. La nef voûtée en berceau brisé se termine par une absime centrale (chapelle semi-circulaire) flanquée de deux absidioles. Chaque abside est voûtée en cul-de-four. Le décor très sobre se limite à une simple corniche en quart-de-rond, à hauteur de voûte tandis que seules trois fenêtres-meurtrières, situées dans le choeur , laissent pénétrer la lumière. A droite de l'entrée, près des fonds baptismaux du XVIII siècle, un escalier à vis monte dans l'épaisseur du mur jusqu'à une tribune.

 

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Une église remaniée au cours des siècles

Cette église est semi-entérrée : on peut supposer qu'elle devait se situer près des murailles et peut-être même faire partie du dispositif de défensif du village. Lors de la destruction du château en 1563, les décombres vinrent s'accumuler contre la paroi occidentale de l'église et bouchèrent son entrée originelle, située sous l'actuelle route. Au XVI siècle, on aménagera le porche et l'entrée actuelle dans le mur sud.

L'église a beaucoup souffert durant ces trois derniers siècles. Durant les premières années de la Révolution française, elle est utilisée comme salle du Conseil mubicipal pendant que la mairie occupe la maison curiale. En 1841, le curé avertit la municipalité de son état de délabrement avancé. D'abord spolié, l'église est ensuite radicalement transformée par des architectes qui bouchent le porche d'entrée et construisent de nouvelles chapelles, lui faisant perdre ainsi sa physionomie romane au point qu'elle est répertoriée en 1960 comme une église du XIX siècle !

A partir de 1970, à l'initiative de bénévoles passionnés, la restauration débute après d'ultimes dégradations causées par des chercheurs de trésor. Le choeur et la nef reprennent leur volume d'avant le XIX siècle. Le dallage de pierre et la toiture sont entièrement reconstruits. Chaque été, elle accueille des concerts lyriques.

 

Eglise

photo de l’église, dans les années 1910

Prise par :

Cyclotouriste inlassable, poète de la couleur et photographe passionné, Pierre Elisée GRANGE (1873-1953), fasciné par la prodigieuse invention des frères Lumière, parcourt le grand quart sud-est de la France, l'Italie, La Suisse, la Belgique.

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Son école

L'école 1883 et le Saint Amant

C'est à la Révolution que Suzette eut le privilège de recevoir son école communale.

 

 

 

 

 

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Un peu d'histoire

Le territoire de Suzette semble avoir été occupé depuis l'Antiquité.
Des vestiges gallo-romains ont été découverts sur plusieurs sites : tuiles, fûts de colonnes et monnaies du règne d'Hadrien (76-138 de notre ère).
Sur l'un des murs de l'ancienne église Saint-Martin, transformée en ferme, est encastrée une stèle funéraire en marbre datée du VII siècle.

Le village est cité pour la première fois au XII siècle sous le nom de Suza et, en 1246 Suzetta.
Suzette était contrôlée par les seigneurs de Caromb et était possession de la principauté d'Orange.
En raison de sa position stratégique aux frontières du Comtat Venaissin, un château fortifié se dressait au sommet du village autour de son rocher, il fût détruit en 1560.

 

 

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Son rocher

Sur le rocher de Suzette se dressait à cette époque un château fort dont il ne reste rien. Détruit en 1563, il fut réparé par les seigneurs d’Allemand en 1650. Puis, lorsque la principauté d’Orange est revenue au Royaume de France, il semble que la forteresse de Suzette, ne présentant plus d’intérêt stratégique, ait été laissée à l’abandon. Peu à peu ses pierres furent utilisées comme matériau de construction des maisons par les habitants du lieu, comme le voulait l’usage à cette époque, et le bâtiment ne tarda pas à disparaître. Une vierge a été érigée au XIX siècle sur cet emplacement, en haut du rocher envahi par la végétation.

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Le blason

Composé des bandes des seigneurs d'Allemand et du loup des Seigneurs d'Agoults.

Dentelles

Les Dentelles de Montmirail

Les Dentelles de Montmirail vues depuis Suzette en 1890

Les dentelles de Montmirail sont une chaîne de montagne constituant la première avancée des Alpes dans la vallée du Rhône. L'érosion a façonné la forme de ces montagnes, leur donnant le qualificatif de "dentelles", le nom de Montmirail provenant quant à lui de "mons mirabilis" signifiant "montagne admirable". Cette chaîne de moyenne montagne était appelée originellement « Massif de Suzette ».

Les dentelles de Montmirail regroupent un ensemble d'appellations relatives à chaque ensemble de parois rocheuses : la chaîne du Clapis, le Grand Montmirail, les Dentelles Sarrasines, la crête de la Salle, la crête de Cayron, la crête Saint-Amand.

La crête de Saint-Amand constitue le point culminant, à 730 m d'altitude, au nord du village de Suzette.
Le point culminant des Dentelles Sarrasines est constitué par le Rocher du Turc (627 mètres).

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Suzette et le Vatican

(documents du Vatican fournis par Monique et Pierre Haourt)

Ce fut vers le commencement de l'année 1691 que l'Assemblée générale des Etats du Comtat Venaissin se préoccupe de faire dresser une carte géographique de cette petite province. Elle réalise cette idée le 23 Avril 1691.

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La construction de cette carte fut confiée à un jésuite, le Père BONFA, professeur de mathématiques et astronome distingué, qui fit à Avignon, à la fin du XVII ème siècle, de curieuses observations astronomiques et qui jouissait à justre titre, d'une réputation de savant.

Vers la fin de 1691, le travail du P. Bonfa était fort avancé, et il fallait songer à faire graver cette carte, dont les dimensions étaient considérables. Le savant jésuite ne trouva, parmi les graveurs d'Avignon, que Louis DAVID, capable d'entreprendre un pareil travail.

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